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Lettre du Président

PATRICK JAMMET

Un expert technicien, pourquoi ?

Le juge ne peut être à la fois juge et technicien aguerri en toutes matières. Il a très souvent besoin d’un spécialiste pour l’éclairer, compétent, rigoureux et d'une honnêteté irréprochable.

A cet effet la justice sélectionne des professionnels dans tous les domaines et les nomme «experts de justice».

Devenir expert, pourquoi ?

La raison qui pousse un(e) technicien(e) doit être de servir la justice et le justiciable, avec fiabilité, en respectant un juste coût et un délai raisonnable, adaptés a la mission confiée.

Mais pour servir en exerçant cette activité secondaire, il est nécessaire de se souvenir de ce que disait Denis DIDEROT : « L’observation recueille les faits, la réflexion les combine, l’expérience vérifie le résultat de la combinaison ».

Une compagnie pourquoi ?

Devant chaque cour d’appel ayant créé une liste d’experts, une Cie a été créée pour fédérer les experts de spécialités différentes, assurer leur formation à l’exercice de la procédure expertale, les informer sur l’évolution des textes régissant cette procédure et les faire adhérer à un contrat d’assurance spécifique aux opérations d'expertise de justice.

Une « revue expert » permet également de se maintenir informé d’articles intéressant notre activité.

La CEJI-CAM, regroupe des experts dont les membres adhèrent volontairement à une déontologie. Cette dernière a la reconnaissance des magistrats, qui contrôlent l'expert.

Il existe au moins un lieu où l'on veille à la qualité de la démarche expertale, pilier majeur de la chaine de qualité de l’expertise de justice, il s’agit du centre de formation de la Compagnie, animé par des experts chevronnés, et bénévoles.

M. le Premier Président Magendie indiquait en ouverture d’un colloque en 2006 :

"Fidèle collaborateur et éclaireur du juge, l'expert est désormais soumis au droit qu'a tout citoyen de faire entendre sa cause équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable [...]

Seule une formation adaptée aux exigences de la justice de notre temps donnera à l'expert ces qualités qui confèrent à tout avis objectif et éclairé une autorité qui s'imposera naturellement."

La compagnie a mis en place également le tutorat qui va permettre aux jeunes experts volontaires, d’assister, avec l’accord des parties, et en toute neutralité passive, à des opérations d’expertise, au coté d’experts chevronnés dits référents.

Donc, et à partir de formations théoriques en premier lieu, le jeune expert peut ainsi prendre connaissance de la pratique expertale.

Néanmoins, cette pratique ne peut se concevoir qu’à partir de la théorie assimilée.

Quelle que soit la formation reçue, assimilée, et complétée par l’assistance à des opérations réelles, au coté d’experts référents, l’expert doit avoir une posture digne, faire preuve d’une grande humilité et pratiquera son activité en toute honnêteté intellectuelle, avec conscience et clairvoyance.

L’expert doit garder le BSP, le « bon sens paysan », sa capacité de discernement et ne pas chercher à avoir raison tout seul isolément.

Mais devenir un être de raison n’est ce pas un beau projet pour un expert technicien chevronné, et futur référent ?

Ainsi pourrions nous penser qu’avoir la raison, est nécessaire mais point suffisant, et qu’il importe d’utiliser cette raison au service de la justice et du justiciable, autrement dit, passer d’une capacité technique, que vous possédez certainement tous, à une compétence procédurale qu’il convient d'acquérir.

Je vous souhaite à tous bon vent, et de rencontrer le même plaisir que je rencontre à chacune des missions qui me sont confiées.